Méditation pour le 22ème dimanche ordinaire

                                                                       « Quelle est notre croix ? …»


« La croix que je porte, personne ne peut la porter à ma place ! Personne ne peut se mettre à ma place, souffrir ce que je souffre, endurer les lourds traitements.» Maria avait raison, sa croix était lourde, certainement trop lourde, et elle n’en pouvait plus…

« Porter sa croix » qu’est-ce que cela signifie pour nous malades et personnes âgées ? Le Fils de Dieu nous demande-t-il vraiment d’entrer dans un monde de souffrance et de nous laisser écraser par cette dernière pour mieux le suivre ? Sommes-nous toutes et tous obligés de passer par un tel chemin ? Non seulement, nous devrions porter notre croix mais en plus nous sommes auparavant priés de renoncer à nous-mêmes. Renoncer à soi, prendre sa croix puis le suivre.

Renoncer à soi-même, ne signifie pas se nier, se laisser écraser par ce qui arrive, ne plus exister. Renoncer à soi, c’est effectuer un « lâcher prise » et découvrir que nous ne sommes pas seuls dans notre combat. Nous pouvons alors prendre notre croix pour aborder une nouvelle route.

Renoncer à soi, prendre sa croix et suivre le Christ, c’est tout simplement apprendre à voir la vie autrement, c’est-à-dire à regarder et apprécier la vie mais avec les yeux de Dieu.

« Si quelqu'un veut marcher derrière moi… » N’est-ce pas accepter l’inacceptable ? Jésus ne veut pas qu’il y ait d’ambiguïtés sur ce qu’il est : il révèle son identité et sa destinée à ses disciples, car Il doit suivre un chemin de croix, passer par la souffrance et par la mort ! La résurrection est à ce prix.

La réaction de Pierre est normale : la souffrance et la mort sont pour tous insupportables, elles ne peuvent atteindre celui qui est « Fils de Dieu » et ainsi Pierre dit à Jésus : « Cela ne t’arrivera pas ! » Jésus réagit vivement en lui demandant de passer derrière lui, car ses pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes. Pourtant Jésus, invite ses amis à suivre le même chemin que lui, à prendre leur croix, à accepter de perdre leur vie s’ils veulent connaître la gloire de Dieu.

Comment ne pas penser à ceux et celles qui sont submergés par l’épreuve, comme les malades, les découragés, les mal-aimés… Devant la souffrance comment ne pas se révolter ? A chacun de nous il faut du temps pour accepter l’inacceptable. On voudrait tant laisser de côté cette croix, mais il nous la faut porter, renoncer à soi-même, et renoncer à ce que nous avons, nos biens, nos fortunes. La croix du Christ nous dit à tous : « Vas-y continue… » Sortons de nos rêves et rejoignons le Christ sur la route.

Ce que nous savons de Jésus, sont certainement des paroles apprises au catéchisme ou entendues lors de lectures à la messe : « Je suis la lumière, la Vérité et la Vie ! » « Venez à moi vous qui peinez sous le poids du fardeau et je vous soulagerai… »

Mais voilà qu’aujourd’hui, Jésus dit à ses disciples et à nous-mêmes : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. » Ces paroles sont un peu dures, puisque la vie ne nous a pas épargné, à commencer par des visites incessantes chez les médecins, par des séjours à l’hôpital, par des interventions chirurgicales et bien d’autres soucis d’ordre familiaux ou professionnels. Mais comment suivre le Christ malade, handicapé, atteint par l’âge ?

On a bien du mal à comprendre pourquoi les uns sont en bonne santé et les autres malades ! On souhaiterait tant qu’il n’y ait pas de maladie, on souhaiterait tant que celui qu’on aime ne meurt pas. Lorsque Jésus annonce à ses disciples, qu’il va devoir souffrir et sa mort prochaine, tous sont perplexes et Pierre ose même dire à Jésus au sujet de ce qui l’attend : « Dieu t’en garde, Seigneur, cela ne t’arrivera pas. » Mais le Christ, nous dit à tous que la souffrance et la mort sont un passage obligé pour « ressusciter » terme que les disciples ne comprirent pas. La maladie nous impose un chemin que nous n’avons pas choisi. Jésus pourtant ne nous laisse pas, il souffre avec nous, il continue de nous aimer très fort…