Méditation pour le dimanche du Corps et Sang du Christ

  

« Une présence réelle, respect…. » 

 

Chaque année nous fêtons le « Sacrement du Corps et du Sang du Christ », qu'on appelait autrefois la Fête-Dieu. Les plus anciens d’entre nous se souviennent des belles processions que l’on faisait dans les rues de nos villages. Le prêtre tenait l’ostensoir, et il nous bénissait devant chaque autel dressé sur le parcours. C’était il y a 40 ans. Depuis seuls quelques endroits perpétuent encore cette belle tradition. 

 

Mais comment nous chrétiens, pouvons encore entrer dans cette fête ? Comment pouvons-nous lui donner encore un sens ? Peut-être en signifiant notre désir de rencontrer, Celui qui est le vrai Dieu Celui qui se donne à nous pour que nous en vivions. Mais quelle est notre faim, au sein d’un monde où nous avons tout ? 

 

Jésus nous dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle… » Pour St Jean, la vie éternelle c’est le présent pour tous ceux qui se nourrissent du Corps du Christ. Mais si aujourd’hui si peu de fidèles prennent encore part à l’Eucharistie, c’est certainement qu’il n’y a pas de manque, donc pas de désir. Le malade, comme la personne âgée, sait que ce qui lui manque, car ce manque crée en eux un désir. Désir de visite, de manger quelque chose de bon, de parler, mais peut-être aussi de rencontrer ce Dieu « d’amour » dans la Communion.

 

Ce partage des pains à la foule, nous fait penser à l’Eucharistie, mais nous sommes peut-être loin de la pratique, loin de l’Eucharistie, et nous ne savons plus trop ce que c’est que l’Eucharistie. Mais il est bon de saisir ce qui se joue à chaque Eucharistie : c’est Dieu qui se donne pour la vie des hommes !

 

La fête du Saint Sacrement que nous fêtons en ce dimanche, nous fait redécouvrir que l’Eucharistie est un repas auquel nous sommes tous invités. « Heureux les invités au repas du Seigneur » Ces invités, sont tous ceux qui ont faim de lui, et celles et ceux qui attendent un réconfort. Au fond d’un lit, l’attente est souvent longue et l’on se demande : « Est-ce que moi aussi j’ai droit de communier ? » L’aumônier ou le visiteur de malade qui apporte la communion ne dit pas : « Heureux les invités qui observent tous les commandements de Dieu et de l’Église », ou encore : « Heureux les invités qui ne connaissent pas d’échec » ou « Heureux ceux et celles qui ne se sont pas malades ». Non, car lors de son repas d’adieu, la veille de sa mort, Jésus dit à ses disciples en leur distribuant le pain rompu : « Prenez, et mangez-en tous. »

 

Le pain de nos eucharisties est un pain pour la route, un pain pour les malades, un pain qui fortifie… Nous pouvons se passer de tout ou presque, lorsqu’on est malade, sauf d’amour ! Merci Seigneur pour ton pain de Vie.

 

L’histoire suivante veut nous faire comprendre que le pain donné en partage nous fait vivre. Hiroshima en Août 1945. Le souffle de la bombe avait épargné plusieurs embarcations, et dans l'une d'elles, une maman était montée avec sa fille. Une petite fille couverte de brûlures y était assise, appelant « maman, maman… » Tout à coup, la petite fille s'adresse à la dame : « S'il vous plaît, Madame, votre enfant est là ? » Elle ne voyait plus, car à la place des yeux il n'y avait plus que des trous béants. La dame lui répondit : « Oui, elle est ici ». Alors la petite fille dit : « S'il vous plaît, donnez-lui cela » Elle lui tendit la boîte dans laquelle elle transportait son repas que sa maman lui avait préparé avant son départ pour l'école. « Tu ne veux pas manger ? » Demanda la dame. « Non, je vais mourir. Donnez-le à votre fille ». 

 

Merveilleux, ce que cette fille a fait, elle savait qu’elle allait mourir, et elle n’a pensé qu’à partager… : « Je vais mourir. Donnez-le à votre fille ». Dieu, lui aussi a vu son Fils quelques heures avant sa mort dire à ses amis qu'il avait rassemblés autour de lui : « Prenez et mangez. Ceci est mon corps livré pour vous ». Lorsqu’au cours de notre séjour, il nous arrivera de demander à Communier au Corps du Christ, pensons que le Christ a donné sa vie pour nous, et que par lui nous vivrons.