Méditation pour le dimanche du 3ème dimanche ordinaire

  

« Laisse tes filets, et viens … » 

 

St Matthieu nous présente dans son Evangile 2 couples de frères, Simon-Pierre et son frère André et les deux fils Zébédée, Jacques et Jean, et tous les quatre sont pêcheurs au lac de Galilée. Des hommes bien, habitués au travail, des experts dans le lancer des filets, souvent occupés à les réparer, travaillant pour nourrir leurs familles.

 

Ces hommes sont mûrs, leur foi est solide et ancrée. « Suivez-moi ! » Désormais, ce ne seront plus des poissons qu’ils prendront mais des hommes, c’est une autre pêche qui les attend.  

 

« Aussitôt laissant leurs filets, ils le suivirent… »  L’adverbe « aussitôt » employé par Matthieu, traduit l’urgence et la détermination des appelés. Ces hommes, Jésus vient les appeler sur leurs lieux de travail, Jésus les appelle à un moment où ils ne s’y attendent pas.

 

Qu’est-ce qui a bien pu pousser ces braves pêcheurs à suivre Jésus ? Un bon salaire ? Une belle promotion ? Une meilleure vie ? Rien de tout cela, mais ils allaient découvrir un homme, l’amour, le Fils de Dieu. Voilà une bonne raison de consacrer sa vie à se mettre à son service.

 

Et nous, qu’avons-nous fait de notre vie ? Au fond de notre lit, nous nous disons peut-être n’avoir pas répondu à un appel ! Mais en fondant une famille, en donnant du pain à ses enfants, en faisant le bien autour de soi, nous avons répondu à l’appel de Dieu : Aimer.

 

Enseigner, Proclamer la Bonne Nouvelle du Royaume et Guérir, sont les trois dimensions de la mission de Jésus et Jésus l'accomplit en marchant sur les routes, de village en village. Il s'agit d'une mission nouvelle et originale : Jésus montre une préférence pour les païens, les pécheurs, les pauvres, les opprimés, les malades, les laissés-pour-compte.

 

Ses miracles, ses guérisons, sont les signes du début, d'une ère nouvelle. Il répond ainsi au désespoir des hommes de tous les temps. Il libère l'homme du mal et le fait participer à la joie. Jésus est celui qui lutte vraiment contre le mal, contre le péché et contre le démon, la maladie et la mort. Il est le médecin de l'homme dans sa totalité. Jésus est cet homme plein de tendresse qui se laisse émouvoir par toutes les souffrances rencontrées sur son chemin.

 

Mais Jésus confie aussi sa mission à ceux qu'il a appelés, et à tous les chrétiens d’aujourd'hui, à chaque homme et à chaque femme, il confirme la mission d'enseigner, d'annoncer et de guérir. Chaque homme et chaque femme deviennent ainsi sacrement de salut.

 

Comme Jésus, acceptons de quitter notre village et notre monde pour d'autres cieux. Alors seulement, nous pourrons dire que notre lit d'hôpital, notre maladie, nos souffrances, notre vieillesse sont un chemin, une route qui ouvre sur le Père et sur les autres.

Ma mission s'accomplit là où je suis !

 

Matthieu nous rapporte aujourd’hui que Jésus est parti sur les chemins et qu’il s’est mit à prêcher. Que nous prêche-t-il donc ? Tout ce qu’on peut en dire, c’est qu’il est court, qu’il est précis et concret : « Convertissez-vous, car le Royaume de Dieu est tout proche. »  Ces quelques mots forment le sermon de Jésus, une invitation à nous convertir.

 

On vient vers Jésus pour l’écouter, car il ne parle pas comme les prédicateurs de son temps, il ne parle pas comme les prêtres et les scribes, il y a quelque chose qui se dégage de lui, comme la compassion, l’amour, la confiance. 

 

Jésus n’est pas rabat-joie dans ce qu’il nous demande, il nous demande simplement de nous convertir, c’est-à-dire de changer notre cœur, de l’ouvrir à sa lumière, car il est la lumière qui attire et qui éclaire : « Je suis la lumière du monde et qui marchera à ma suite ne sera pas dans les ténèbres ! » Jésus nous invite à nous « tourner » c’est le sens du mot « Conversion » à laisser la lumière nous pénétrer. Le temps de la maladie est propice à une conversion, à des paroles que l’on nous dit et qui peuvent pénétrer notre cœur, qui nous font réfléchir et souvent changer de vie, de style de vie… 

 

Dieu nous parle ainsi encore à travers la rencontre avec sa Parole, à travers les sacrements. Se convertir, c’est ne plus être le même, c’est avoir laissé pénétrer en soi une Parole qui relève.