Méditation pour le 4ème dimanche de Pâques
« La Porte à choisir… »
Combien de portes dans notre vie se sont présentées à nous ? Combien de fois, nous avons pris la mauvaise porte, qui n’a pas conduit au bon endroit ? Mais nous le savons, au Ciel, il n’y a qu’une porte et St Pierre en détient les clés, que Jésus lui a données. Mais souvent, c’est une certaine clé, qui ouvre la porte. Pour nous, la porte du cœur est souvent celle qui reste fermée, car nous en avons perdu la clé. Les disciples d’Emmaüs, Jésus a pris la clé suivante : « De quoi discutiez-vous tout en marchant ? » Quelques mots pour entrer dans le cœur et leur faire prendre conscience que c’est le Christ qui nous guide. Nous avons envie de nous laisser conduire en toute douceur par Jésus, à l’image des brebis rassemblée autour de leur bon berger. Mais, au-delà de cette image idyllique, il y a plus.
Au-delà de la porte à choisir, qui n’est ni bleue ni rouge comme dans une publicité électorale, il y a un autre message. Jésus est le berger et la porte des brebis. Le rôle du berger est de veiller à la sécurité de son troupeau, de l’accompagner dans ses déplacements hors de la bergerie et dans les pâturages qui nourrissent. Il faut entrer et sortir pour trouver le pâturage, il faut se mettre en mouvement pour savourer la vie éternelle.
Dans nos vies, nos portes permettent-elles d'entrer et de sortir ? Si toutes nos portes sont fermées, ne sommes-nous pas à la merci des brigands et des voleurs qui s'introduisent dans ces lieux clos pour à l'abri des regards égorger et faire périr ? Ma cousine habite le Canada et elle me disait que les portes d’entrées étaient rarement fermées à clés. Aux Etats Unies, également, on ne ferme rien à clé. Annie ma cousine disait que c’est parce que nous ne vivons pas dans la peur, mais plutôt dans la confiance. La porte est toujours invitante et laisse libres des déplacements.
À la porte il y a un portier qui est chargé d’ouvrir au maître de maison et à ses invités. Nous avons fait de Pierre ce portier du Royaume de Dieu. Nous sommes tous ce portier. C’est notre mission de veiller sur ceux qui sont parfois errants comme des brebis, c’est à nous d’ouvrir la porte quand ils reviennent vers le berger qui veille sur nous tous. Ceux qui croient en Jésus lui appartiennent. Ils cheminent sans s’identifier à une nation ou à une civilisation, sans s’enfermer dans des institutions. La foi en Jésus nous unit mieux que la fidélité aux traditions du passé.
La parabole met en valeur la capacité des brebis à se libérer de la passivité du troupeau. En tout temps, seule une minorité est capable de s’écarter de la pente douce et jalonnée qu’ont tracée les coutumes et cela n’est peut-être pas un chemin d’Emmaüs, un chemin de rencontre. Dans nos mouvements, la porte est un repère, simple et concret. Passer par cette porte, c’est s’engager sur un chemin qui mène au Royaume de Dieu en mettant ses pas dans ceux de Jésus, c’est le chemin de la conversion du cœur. Dieu marche à nos côtés et il veille sur nous, il nous connaît personnellement, il nous procure une vie en abondance ; il donne la liberté de sortir et de venir trouver en lui nourriture et breuvage ; avec lui, nous trouons confiance et sécurité, en communauté.
Jésus ne dit pas : « Je suis une porte parmi d’autres. » Non, il dit : « Je suis LA porte. » Il est la seule porte d’entrée. Nous ne pouvons pas avoir accès à Dieu et à son riche trésor autrement que par lui. Il n’y a qu’une seule porte, utilisons là. Aujourd’hui, notre monde pullule de portes et on les essaye toutes. Les portes du plaisirs, du vice, de l’argent, de la drogue, de la vengeance, du mépris… Mais on sait bien où conduisent ces portes : nulle part. C’est facile de passer par la porte du salut. Jésus ne dit pas : « Je suis un mur qu’il faut escalader ». Pas besoin de faire des efforts pour grimper. Il ne dit pas : « Je suis une longue passerelle. » Pas besoin d’être fort, habile ou courageux pour la traverser. Croyons en Jésus, faisons-lui confiance. Ne devenons pas des chrétiens sclérosés. Soyons des bergers de notre temps.