Méditation pour le 2ème dimanche de Carême
« Un moment exceptionnel… »
Pour ce second dimanche de Carême, nous retrouvons Jésus et ses meilleurs amis sur la montagne. C’est là qu’ils vont vivre un moment capital de leur vie, un moment de lumière du cœur et de l’intelligence, ils vont découvrir Jésus tel qu’il est : « Le Fils bien-aimé de Dieu ! »
Ce moment capital est une marche en avant, une assurance pour leur route, une force pour combattre la peur, le scandale, l’incompréhension des hommes. De la lumière qui va surgir, ils vont voir l’éclat de Jésus transfiguré.
Nous connaissons certainement autour de nous des personnes qui ont aussi été saisies par la lumière de Jésus. St Paul sur la route de Damas, l’enfant prodigue, lui aussi à un moment il a connu la lumière, cette lumière qui s’appelle amour et pardon. Tim Guénard, un ancien loubard, poursuivait et harcelait les hommes, jusqu’au jour où il a frappé à une porte d’un couvent pour dévaliser les religieuses, c’est là qu’il a connu la lumière par la parole d’une religieuse.
N’en est-il pas ainsi pour chacun de nous ? Nous sommes souvent entrain de crier, d’appeler à l’aide, lorsque soudain, la lumière s’allume et nous comprenons que nous ne sommes pas seuls sur terre ? Souvent en plein milieu de nos ténèbres de souffrances, de la maladie, de l’exil, la lumière de la présence de Dieu se fait plus présente, plus forte, et on découvre qu’Il est avec nous.
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé… Ecoutez-le ! » Sur le chemin de notre vie, nous avons besoin de connaître des expériences de transfiguration, pour faire face à nos propres difficultés et épreuves qui nous arrivent, et qu’ainsi nous puissions être en mesure de transfigurer les autres autour de nous.
Il y a ainsi des malades qui transfigurent lorsque vous les approchez. Ils rayonnent d’une lumière intérieure, d’une foi ancrée en Christ ressuscité. Ainsi, cette amie, qui malgré son cancer, rayonnait par le courage, l’acceptation et la force de ne pas baisser les bras dans l’épreuve qui l’accablait. Elle vous transfigurait, au point que ce n’est plus moi qui lui apportais quelque chose, mais que c’était elle qui me transformait, me transfigurait.
Cette petite anecdote, n’est-ce pas ce qui est arrivé aux trois disciples de Jésus sur la montagne ? Ils ont vu le visage de Jésus devenir éclatant « brillant comme le soleil » et il fut transfiguré devant eux. Ils ont été témoins, car ils ont vu et entendu que Jésus est Fils de Dieu. Son corps éclatant ne peut pas cacher sa divinité, il est l’envoyé du Père.
A l’heure actuelle où l’on critique l’Eglise, le Pape, les prêtres… ceux qui pratiquent, et que l’on favorise la laïcisation, où peut-on encore trouver le visage du Christ transfiguré ? Où puis-je faire une expérience de transfiguré ? Eh bien, je crois, que c’est notre propre visage qui doit témoigner de l’amour en vrai baptisé.
Quelques disciples accompagnent Jésus sur la montagne avant que celui-ci ne monte vers Jérusalem. Voici que Jésus laisse entrevoir qui il est ; il leur montre qu'il vient de Dieu et qu'il appartient au monde Dieu. « Son visage apparut tout autre, ses vêtements devinrent d'une blancheur éclatante. »
En ce deuxième dimanche de Carême, la transfiguration de Jésus devant les disciples est une avant-première de Pâques. Jésus rassure ses amis devant les épreuves à venir. Lorsque la croix sera sur votre chemin, lorsque vous me verrez défiguré, n'oubliez pas que je demeure toujours le transfiguré, et aujourd'hui, le Ressuscité. Ainsi, les disciples avanceront dans la confiance.
Ce que l'évangile nous propose, ce qu'il nous révèle dans cette transfiguration de Jésus, c'est cette puissance magnifique d'un corps humain qui peut devenir le visage de l'Éternelle Lumière. Jésus rend visible Dieu. À la suite de Jésus, notre corps devient le premier évangile car c'est à travers l'expression de notre visage, de notre sourire, nos yeux, nos mains que passe la lumière de Dieu. Nous portons en nous ce même soleil intérieur qu'est la gloire de Jésus-Christ.
Oui, nous tous, nous sommes avec Jésus sur la montagne. Nous redescendrons de la montagne pour nous mettre en route vers Pâques. Le chemin est certes difficile, mais nous avons la lumière qui nous éclaire et nous serons réconfortés par le pain et le vin notre eucharistie