Méditation pour le 13ème dimanche ordinaire
« Aimer plus que ceci... »
Je ne crois pas devoir vous poser la question suivante : « aimez-vous vos parents, votre époux ou épouse, aimez-vous vos enfants, vos petits-enfants ? Vos amis ? » car j’en connais la réponse : « Bien sûr, que nous les aimons, et plus que tout au monde… » Pourtant, des personnes âgées en EHPAD n’ont pas de visites de leurs propres enfants… Pourquoi ? Et que faut-il en penser lorsque nous entendons Jésus nous dire : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi ? » Pour un chacun d’entre nous, l’amour est premier pour nos enfants, conjoint, petits-enfants et c’est normal de préférer sa famille, de son propre sang. Pourtant Jésus ne nous demande pas, de ne pas aimer sa famille, mais il nous demande dans le but de devenir son disciple missionnaire de le préférer à ma propre famille. Je continue d’aimer, mais avec l’amour que j’ai pour le Christ, je suis prêt à le suivre en lui donnant ma préférence.
Ainsi Matthieu nous rapporte des propos qui pourraient sembler forts déconcertants pour une personne qui n’aurait pas la foi, car Jésus leur dit : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi » …
Attention : Jésus ne veut pas dire que nous ne devons plus aimer notre père, notre mère, notre conjoint, nos enfants. Au contraire « Celui qui dit aimer Dieu et qui n'aime pas son prochain est un menteur » a dit Jésus. Dans l'Évangile d'aujourd'hui, il parle de préférence et non d'exclusion, de priorité à donner pour servir ceux qu’on aime. Mon ami Jimmy, m’a demandé il y a quelques mois si je pouvais rendre un service à son fils. Je n’ai pas refusé, car c’est mon ami. Quand j'aime quelqu'un, j'aime toute sa famille ou je ne l'aime pas. Je l'aime en aimant ses enfants, je le sers en servant ses enfants. Je le reconnais dans ses enfants. C'est la même chose avec Dieu. Notre amour, notre préférence de Dieu nourrit nos autres amours et nous amène à accueillir Dieu lui-même dans son représentant, dans le petit, le pauvre qui a besoin d'un verre d'eau : « Ce que vous faites au moindre de ses petits, c'est à moi que vous le faites » a dit Jésus.
Aimer Jésus, c’est aimer avant tout, son père, sa mère, son frère, sa sœur, ses enfants. Il ne s’agit pas d’aimer moins, mais autrement. Aimer les siens ne demande pas qu’on s’y consacre exclusivement toute notre vie. Ceux qui n’ont aimé que les siens, se retrouvent souvent seuls lorsqu’ils sont en fin de vie. C’est le cas dans les EHPAD. Oui, Jésus nous demande beaucoup, beaucoup d’amour, car il sait que la route n’est pas de tout repos, et que seul l’amour nous permet d’avancer. Il nous suggère de donner notre vie à aimer, car en la donnant, il nous promet la vie éternelle.
Alors comment aimons-nous ? Chacun pour soi et Dieu pour tous ou à la manière de l’Evangile, c’est-à-dire donner un peu d’amour à ceux que personne n’aime ? Je crois aussi que c’est notre vocation de baptisés, de notre vie de disciple du Christ. Dans le même sens Jésus rajoute, « qui vous accueil, m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ! » Oui, nous avons aussi reçu la mission d’accueillir, comme celui d’aimer.
Accueillir comme aimer, sont-ils devenus si difficiles à exprimer et à pratiquer dans notre quotidien ? Nous ne sommes plus es confinés, mais des déconfinés, c’est-à-dire des hommes et des femmes prêts à rencontrer l’autre, à l’approcher à reconnaitre le Christ en eux. Il ne s’agit plus de vivre comme avant, mais de vivre comme des ressuscités, une nouvelle vie en aimant son prochain comme soi-même.
Ce sont des gestes simples que le Christ nous demande, « d’aimer les autres comme soi-même » comme se mettre à l’écoute des malades, d’accueillir leurs souffrances. Accueillir, demande d’ouvrir son cœur et d’être en lien avec la première partie de l’Evangile d’aujourd’hui. Accueillir, ne s’improvise pas, car cette attitude, nous demande aussi de savoir partager, de savoir donner, de savoir se donner.