Méditation pour le dimanche de la Pentecôte
« Quel est donc ce vent ? ... »
La Pentecôte. Bon nombre de gens ne savent plus trop la signification de la Pentecôte. Il y a quelqu’un qui disait : « A quoi servirait la plus belle des voitures, la plus spacieuse, si elle n’avait pas de moteur ? » Eh bien l’Eglise ne serait rien si elle n’avait pas l’Esprit Saint. Oui, la Pentecôte, c’est 50 jours après Pâques et c’est la descente de l’Esprit Saint sur les Apôtres, sous la forme de langues de feu.
Les Apôtres étaient réunis dans la Chambre Haute du Cénacle, pétris de peur. La lumière du jour ne pénétrait plus la pièce, ils étaient renfermés sur eux-mêmes, comme ces personnes que nous connaissons et qui ont sombré dans la dépression, ne souhaitant plus voir personne. A ces personnes, comme aux Apôtres, il ne leur manque que ce petit « déclic » une lumière qui pourrait les éclairer pour comprendre l’action de l’amour dans le monde.
Et voilà que Jésus leur envoie l’Esprit Saint, le Souffle, le Défenseur, la Lumière. En un instant tout s’éclaire dans la pièce du Cénacle, chacun peut voir l’autre, chacun sent en lui-même que quelque chose a changé. Ils voient clair, alors qu’avant tout semblait perdu. Ils voient clair et leur cœur s’est ouvert à l’amour de Dieu.
Jésus, allume aussi cette lumière en moi pour que je comprenne que tout est encore possible, que je peux encore me réjouir de la vie, que je peux encore aimer. Par lui, je reçois une nouvelle force, une invisible vie, qui a pour nom : l’Esprit de Pentecôte
Il y avait de quoi être dans le désarroi, lorsque Jésus les a quittés. La dépression avait certainement gagné ses amis. Les symptômes sont-là : peur de sortir, rester enfermés, plus de goût à rien, entrain de ruminer sur leur propre sort…
Les Apôtres sont tous réunis dans la chambre haute du Cénacle. Ils sont en prière, avec Marie la Mère de Jésus au milieu d’eux. Puis survint un grand bruit, un violent coup de vent, puis on vit apparaitre des langues de feu sur chacun des Apôtres. Le vent, le bruit, symbolisent la présence de Dieu, et le feu sur la tête des Apôtres la présence de l’Esprit-Saint. C’est le don de Dieu pour chacun d’eux. C’est le feu, la force, le défenseur qui leur est donné pour annoncer l’Evangile à tous les hommes.
Et l’impensable est arrivé, le déclic s’est produit, l’Esprit Saint les a transformés. La dépression a été balayée par une force qui surpasse toute peur, toute crainte, c’est l’amour. On les retrouve dehors, à parler à des étrangers, ils sont à peine reconnaissables, il s’est bien passé quelque chose d’extraordinaire.
Lorsque nous sommes capables de faire des choses impensables, n’est-ce pas l’amour qui nous stimule ? Capable de ne pas faire la tête, d’être souriant avec le personnel soignant, d’oser sortir de la chambre pour aller parler à d’autres, pour ne plus voir son propre mal, mais de se soucier des autres. N’est-ce pas l’amour qui nous stimule ? N’est-ce pas l’Esprit Saint qui travaille en nous, par la confiance ?
Quelle chose merveilleuse que d'allumer une lampe ! D'un instant à l’autre les ténèbres sont vaincues, des objets, des visages des chemins sont illuminés. Ce qui paraissait vide, dangereux et dépourvu de sens, est comme habité par une présence grâce à Jésus, les premiers disciples, ces hommes et ces femmes, rencontrés en Galilée, en Samarie, en Judée, ont vu une lumière s'allumer dans leur vie, grâce à la présence d'un homme vrai et bon envers chacun d'eux. Et cette amitié sans condition, leur a permis de dire, de laisser monter du cœur aux lèvres, le vide qui les troublait, la douleur qui les nouait, la paralysie qui les empêchait de respirer, les ruptures et les conflits qui les rendaient malades. Je croyais ne plus pouvoir, ne plus savoir, je croyais ne plus avoir le droit de faire ce geste : allumer une lampe, donner de la lumière, me réjouir de la vie, aimer. Mais Jésus crée en moi le mouvement, incite ma main à ce geste. Et la force me vient de l'invisible vie que porte sa Parole. Cette « invisible vie », nous l'appelons l'Esprit Saint, l'Esprit de Pentecôte
Jésus me dit : « Je suis ton pain, ta lumière, ton chemin, ta vérité, ta vie, ta résurrection. » Si je fais mienne sa Parole alors l'Esprit habite en moi. Comme les piliers d'une maison, comme la charpente d'un toit habité, ainsi l'Esprit Saint structure, ma foi, lui donne de solides fondations et veille à ce que tout l'édifice tienne ensemble.