Méditation pour le 4ème dimanche de Carême
« Voir… »
Ce quatrième dimanche de Carême, nous propose encore une rencontre, celle de Jésus avec un aveugle-né. Mais qu’est-ce que cette rencontre peut changer en nous pendant ce temps de carême ? Regardons de plus près cet aveugle-né. Il a vécu toute sa vie dans le noir, il ne connaît pas la lumière, il est l’homme des ténèbres. « En sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme qui était aveugle de naissance. »
Cet aveugle, c’est un peu moi. Moi aussi, je ne vois pas clair, je ne vis pas dans la lumière, je n'accueille pas toujours l'Esprit de Dieu. Mes actes sont souvent un peu sombres, vides d'amour. Ne m’arrive-t-il pas de mentir, de tricher, de médire, d’être violent, d’avoir envie de dominer les autres, de juger, d’être égoïste ? La vie, n’est-elle pas autre chose ?
« Jésus appliqua de la boue sur les yeux de l'aveugle et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé ! » L'aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait ! » La maladie comme la vieillesse nous fait souvent ouvrir les yeux, puisque nous ne voyons plus la vie comme avant, car quelque chose en nous a changé. Les yeux de notre cœur se sont alors ouverts.
Aussi, pourquoi ne pas demander à Jésus de nous ouvrir les yeux : ainsi, nous verrons un peu mieux notre chemin et nous ne prendrons pas le risque de penser que nous sommes abandonnés... Pourquoi ne pas lui faire confiance ? Jésus nous montrera toujours le chemin de lumière, de paix et de joie, le chemin qui nous aidera à revivre !
Oui, Jésus voit sur son passage un aveugle de naissance. Cet homme est né aveugle, ses yeux ne se sont jamais ouverts. Les petits-enfants font souvent des réflexions du genre : « Pourquoi il est aveugle ? Pourquoi il est malade ? Pourquoi il est mort ? » Ils ne comprennent pas, ils sont encore trop petits. Les disciples de Jésus eux non plus ne comprennent pas, pensant en plus que Dieu y est pour quelque chose.
En effet les Juifs pensaient que toute maladie avait une cause directe liée au péché. « Est-ce lui qui a péché ou bien ses parents ? » Mais la réponse de Jésus est claire : « Ni lui, ni ses parents… » Du temps de Jésus, les malades étaient doublement rejetés, car exclus de par leur handicap et par leur état présumé de pécheur.
Jésus est formel, la maladie n’est pas le fruit du péché, car Dieu n’est pas celui qui a souhaité la maladie, la dépendance, le handicap, il ne distribue pas de punitions, ni de récompenses selon nos mérites, ce qu’il souhaite, c’est de voir des hommes debout, puisqu’il aime chacun de nous d’un même amour.
Dieu est proche de nous, il a vu ce pauvre aveugle qu’on méprisait, il voit ce qui ne va pas en nous, ce qui nous oppresse, nos souffrances, nos luttes. Jésus en guérissant l’aveugle, l’ouvre à la lumière, lui offre un nouveau départ dans la vie. Jésus ne commet pas un acte médical en le guérissant, mais un acte spirituel, puisqu’il va lui redonner un nouveau départ dans la vie et à nous aussi.
Pour terminer, ne trouvez-vous pas que ce récit repose sur une intrigue policière au cours de laquelle ceux qui mènent l’enquête refusent obstinément d’ouvrir les yeux sur la réalité alors qu’un aveugle, lui, voit de plus en plus clair. Leurs yeux sont obscurcis par une fausse conception de Dieu. Ils pensent que, sur cette terre, Dieu punit les bons et récompense les mauvais. L’aveugle est puni pour un péché qu’il a commis. Mais quand a-t-il péché ? Il est aveugle de naissance. Aurait-il péché dans le sein de sa mère ? À l’époque de Jésus, les pharisiens se posaient très sérieusement cette question. Ou bien serait-il puni pour une faute commise par ses parents ? Jésus n’entre pas dans ce type de questionnement. À la place d’un Dieu vengeur et punisseur, il présente un Dieu qui sauve.
Et nous en quel Dieu croyons-nous ? Au Dieu gendarme ou punisseur ? Ou au Dieu révélé par Jésus-Christ ? « Serions-nous des aveugles nous aussi », demandent les Pharisiens à la fin du récit ? Ils posent en fait la bonne question, car notre cœur est aussi à purifier et à lui rendre la vue...