Méditation pour le 28ème dimanche ordinaire

                                                                              « Tous invités, mais tous n'ont envie de venir... »

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus une fois de plus veut nous faire découvrir le Royaume de son Père, la joie qu’a Dieu à inviter ses amis. Et pour se faire, il raconte la parabole où il est aussi question de noces, de celles du Fils d’un roi.

Mais voilà, la fête qui s’annonçait sous les meilleurs auspices, commence mal. Les « invités » avertis très officiellement par les serviteurs refusent de venir ! Le roi renouvelle même par deux fois son invitation à ses amis. Ils avaient pourtant eu le temps de s’y préparer : car ils avaient reçu longtemps à l’avance un carton leur annonçant qu’ils étaient élus parmi les participants « aux noces que le roi fait pour son fils ». Mais rien n’y fait. Les uns ne s’excusent pas, les autres se trouvent au contraire des tas de motifs pour ne pas venir.

Un Dieu qui partage sa joie… Histoire d’un champ, affaire de commerce, brefs, des personnes qui ont déjà tout et à qui il n’est plus possible de faire plaisir, des personnes qui n’ont jamais le temps pour rien et pour personne, qui sont préoccupés, et qu’un repas même exceptionnel n’attire plus. Pourquoi se déranger quand on est déjà comblé ? Pourtant, Dieu nous invite à la joie et nous ne savons plus nous réjouir. Un roi qui ne lésine en rien, qui n’a vraiment qu’une envie : partager sa joie avec ses amis.

Comme cette parabole nous ressemble ! C’est tout nous aujourd’hui. C’est bien nous, qui ne trouvons plus le temps de partager un repas correct en famille, qui n’avons plus le temps de se rendre à l’Eucharistie dominicale ? C’est comme si l’homme ne connaissait plus qu’une joie égoïste, dans sa maison, devant son ordinateur. « Pas maintenant, je n’ai pas le temps, plus tard peut-être ! » C’est moderne de répondre de la sorte. Et puis, tout va souvent autrement que l’on ne l’avait imaginé, car voilà qu’avec une crise cardiaque, un accident on se retrouve à l’hôpital ou peut-être aussi dans la salle du banquet final, en tenue de détente, assis à la table des convives.

Revêtir l’habit de noce… Finalement Dieu a décidé de ne pas trier les invités, car même les pécheurs sont invités. Il envoie ses serviteurs à la croisée des chemins inviter « bons et méchants » le tout-venant. L’invitation de Dieu aujourd’hui reste gratuite. Elle ne nous demande par contre qu’une chose : « d’être revêtu de l’habit de noce », c’est-à-dire « l’habit de cœur ».

Chacun de nous a ses priorités, c’est-à-dire des choses que l’on trouve importantes, que l’on fait passer avant les autres, que l’on fait avant les autres ! Dans la parabole, les invités aux noces avaient des priorités, des choses à faire qu’ils faisaient passer avant cette invitation... Pourtant Dieu n’est pas absent de notre vie… mais par nos refus, c’est nous qui nous séparons peu à peu de lui !

Pour Dieu, personne n’est exclu à l’entrée de son Royaume ; tout homme est invité ! Pourtant, il ne suffit pas d’être invité à entrer dans la salle des noces, il faut encore être bien habillé, correct, porter l’habit de noce. L’habit, dont parle le maître, n’est pas une aube ou un costume qu’il faut porter, mais avoir revêtu l’amour du prochain, l’humilité envers les autres, revêtu de l’habit du service ! A l’hôpital ou la maison de retraite, cet habit à valeur de sagesse et de gentillesse.

Mère Teresa sortait tous les soirs, parcourir les rues de Calcutta pour aller ramasser les moribonds, et leur donner avec amour de mourir dignement : propres, soignés et, si possible, baptisés. Elle déclara un jour: « Je n'ai pas peur de mourir, car quand je serai devant le Père, car il y aura là pour me défendre bien des pauvres que je lui aurai envoyés en vêtement de noce ». Bienheureuse soit-elle ! Retenons bien cette leçon.