Méditation pour le 14ème dimanche ordinaire

« Prenez sur vous mon joug… » 
Nous cherchons tous le bonheur, mais souvent là où il n’est pas. Les disciples eux sont heureux : ils ont vu combien, par la puissance de Dieu, des hommes et des femmes ont été mis debout... C’est vrai, leur dit Jésus, je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et pouvoir sur toute la puissance de l’ennemi...
Mais ce dont il faut vraiment vous réjouir, c’est que vos noms soient inscrits dans les cieux. Et il ajoute : « Père, Seigneur du ciel et de la terre je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. »
Sommes-nous des sages et des savants ou des tout-petits ?
Ce que Dieu veut, c’est que chacun d’entre nous soit heureux. Vous pouvez me dire : « Vous ne savez pas ce que nous vivons ! » C’est vrai, mais je voudrais vous partager quelque chose que j’ai vécu : j’allais rendre visite à une dame très âgée et malade. Un jour elle me dit : « Pourquoi Dieu attend-il tellement longtemps pour venir me prendre ? Je suis vieille et malade, je ne cause que des problèmes aux autres, je suis un fardeau pour la famille. » 
La seule chose que je lui ai dite c’est : « Le Seigneur est au cœur de ce que vous vivez, il connaît votre fardeau. » Et nous avons continué à prier ensemble, chaque fois que je suis allé la voir. Un jour, elle m’a dit : « J’ai compris pourquoi Dieu ne m’a pas encore prise : Dieu m’aime ».
Dieu est miséricordieux, et il est compatissant. Découvrir qu’on est aimé, ne voilà-t-il pas une formidable nouvelle ? Découvrir un Dieu qui se charge de nos misères, qui ne désire pas que nous mourions, mais que nous vivions, pour lui rendre grâce, pour dire aux autres son amour Eternel. 
Le Seigneur sait ce que chacun de nous vit ; il ne désire qu’une seule chose : nous aimer, nous mettre debout, nous guérir. Il veut que nous montrer son amour, que nous contemplions son œuvre. Il sait quel est le chemin que nous avons à accomplir.
Tous nous pouvons découvrir, que nous sommes follement aimés, si nous pensons qu’Il nous a tant soit peu oublié. Mais comment Dieu peut-il oublier son enfant ? Nous avons tant de prix à ses yeux. « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. » En découvrant son amour, nous sommes devenus prophètes…
Dans l’Evangile, il y a cette affirmation qui s’adresse personnellement à tous les malades : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau et moi je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug et devenez mes disciples. » Le Christ ne dit pas : « Toi viens à moi ou encore un tel vient à moi… » Mais il dit « vous tous » car pour lui, il n’y a pas d’exception, c’est tout le monde ou personne. Jésus « connaît » le cœur de l’homme et il voit le joug lourd de la maladie, de la souffrance qui pèse sur chacun de nous.
« Mon joug est facile à porter et mon fardeau léger… » Ce sont des paroles qui parlent à chacun de nous, car qui de nous ne porte pas un fardeau plus ou moins lourd ? Ce que le Christ nous propose, c’est de lui donner le poids de nos soucis, de nos souffrances pour prendre sur nous son joug. Pour bien comprendre ce que le Christ nous suggère, est tout simple : tout dans la vie devient plus facile à porter lorsqu’on le partage.   
Les plus anciens se rappelleront que le joug est une pièce de bois qui relie deux bœufs dans le but de tirer ensemble, une charrue, un chariot, quelque chose de lourd. Sachez qu’un joug n’est efficace qu’à condition qu’on soit deux et qu’on ait le même but, le même objectif. Prendre le joug du Christ, c’est donc ne plus être seul et être attelé avec lui dans la vie, dans le combat contre la maladie. 
Son joug est léger, facile à porter parce qu'il ne nous le laisse pas porter seul. « Je suis avec vous jusqu'à la fin des temps », a dit Jésus, donc nous ne serons jamais seuls. Un homme a aidé Jésus à porter sa croix sur le chemin du Calvaire, aujourd'hui c'est Jésus qui nous aide à porter la nôtre. Alors laissons-lui nos fardeaux.